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Introduction à la Théologie

Le principal objectif de TLCD est de ramener la théologie dans l’esprit et la vie des chrétiens, c’est-à-dire à la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter. Dans ce premier cours, nous allons répondre à deux questions qui permettront à chacun d’aborder l’étude de la théologie avec clarté et simplicité.

 

1) Qu’est-ce que la théologie ?

 

2) Quelles sont les différentes sortes de théologie ?

 

I. QU’EST-CE QUE LA THÉOLOGIE ?

 

La réponse se trouve dans l’étymologie de « Théologie » qui vient de deux mots grecs : « theos » (= Dieu) et « logos » (= parole, expression, étude et science).

Dans son sens le plus basique, « La théologie est la science qui s’intéresse à l’étude de Dieu ».

 

Cependant, où et comment peut-on étudier Dieu ? En effet, quand nous parlons de Dieu, nous parlons d’une réalité qui se situe au-delà de notre monde visible, audelà de ce que nous pouvons percevoir avec nos sens.

 

Quand l’apôtre Paul parle de Dieu, il déclare dans 1 Ti 6.16 : Qui seul possède l’immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n’a vu ni ne peut voir...

 

Donc, comment pourrions-nous étudier celui qui est inaccessible ? Cela n’est possible que si celui qui est inaccessible se rend accessible. Nous touchons ici un point d’une grande importance, qui devrait nous remplir d’admiration : Seul Dieu possède le pouvoir de se rendre accessible, et il l’a fait !

 

Si aujourd’hui nous pouvons faire de la théologie, c’est-à-dire « étudier Dieu dans le but de le connaître », c’est parce que Dieu s’est rendu accessible afin que nos sens puissent avoir le moyen de le percevoir, ou de le saisir, en quelque sorte.

 

La question à laquelle nous devons répondre immédiatement est : comment Dieu s’est-il rendu accessible à nos sens ? Laissons l’apôtre Paul répondre à cette question dans 1 Co 2.9-13 :

 

9 Mais, comme il est écrit, ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l’aiment.

 

10 Dieu nous les a révélées par l’Esprit. Car l’Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu.

 

11 Lequel des hommes, en effet, connaît les choses de l’homme, si ce n’est l’esprit de l’homme qui est en lui ? De même, personne ne connaît les choses de Dieu, si ce n’est l’Esprit de Dieu.

 

12 Or nous, nous n’avons pas reçu l’esprit du monde, mais l’Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce.

 

13 Et nous en parlons, non avec des discours qu’enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu’enseigne l’Esprit, employant un langage spirituel pour les choses spirituelles.

 

Dans ce passage, Paul dit fondamentalement trois choses :

 

1) Il nous est impossible, naturellement parlant, de connaître Dieu. Nous ne pouvons pas monter vers lui. C’est lui qui doit descendre jusqu’à nous (v 9).

 

2) Dieu a consenti à venir à notre niveau en se révélant à nous. Il l’a fait par le Saint-Esprit qui est le seul à pouvoir dévoiler la réalité de Dieu (v 10-11).

 

3) Cette révélation de lui-même, Dieu l’a donnée à des hommes équipés par le Saint-Esprit, afin qu’ils la transmettent à l’humanité par des paroles (v 12-13).

 

Or, ce sont ces paroles qui, lorsqu’elles sont exprimées, arrivent jusqu’à nos sens – plus particulièrement le sens auditif (l’ouïe), mais aussi la vue, car nous pouvons entendre et lire ces paroles.

 

Dieu a donc voulu que la révélation qu’il donne de lui-même (et qu’il est le seul à pouvoir donner !), suive un cycle précis qui aboutisse à une expression orale dans un premier temps, puis se fixe à une expression écrite dans un second temps, afin d’être rendu accessible à nos sens physiques.

 

Nous pouvons représenter ce cycle de révélation divine par l’illustration suivante :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’expression orale de la révélation de Dieu, est désignée comme étant « la parole de Dieu ». Même si elle est véhiculée par un homme, avec des mots d’hommes, elle constitue entièrement la parole DE Dieu.

 

1 Th 2.13 : ...En recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l’avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu’elle l’est véritablement, comme la parole de Dieu... 

 

Le cycle de la révélation divine ne s’arrête pas à l’expression orale, car Dieu sait que « les paroles s’envolent, les écrits restent » (= Horace, poète latin).

Il prend donc soin de la cristalliser, ou de la fixer, sous forme écrite.

 

Où trouvons ce que Dieu révèle à son sujet et que des hommes ont consigné par écrit pour l’humanité ? Dans la Bible. L’Ecriture Sainte, ou Bible, est la parole de Dieu mise par écrit.

 

2 Ti 3.16 : Toute Ecriture est inspirée de Dieu...

 

Nous parlerons dans le module 1 de l’inspiration de la Bible, mais déjà, nous devons savoir que la Bible est « Theopneustos » : « soufflé hors de Dieu », traduit ici par « inspirée ».

 

En prenant en compte les données concernant la révélation de Dieu dans et par la Bible, nous pourrions proposer une définition un peu plus complète de la théologie : « La théologie est la science qui s’intéresse à l’étude de la révélation de Dieu par Dieu lui-même, et qui est consignée dans la Bible ».

 

Cette longue (et peu élégante !) définition de la théologie, contient une importante vérité que nous ne devons pas oublier : la théologie n’étudie pas Dieu directement, mais ce qui est écrit au sujet de Dieu par Dieu lui-même.

 

C’est pourquoi, la théologie consiste à examiner attentivement et à étudier scrupuleusement, la révélation divine contenue dans la Bible, la Parole inspirée de Dieu. C’est l’exemple que nous a laissé les Béréens :

 

Ac 17.11 : Ces Juifs avaient des sentiments plus nobles que ceux de Thessalonique ; ils reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils EXAMINAIENT chaque jour les ECRITURES, pour voir si ce qu’on leur disait était exact.

 

Nous apprenons quatre vérités au sujet de la théologie dans ce verset :

 

1. Aborder l’étude de la théologie va demander de notre part de l’humilité, c’està-dire le désir sincère de connaître ce que Dieu dit à son sujet, en laissant tomber nos préjugés personnels.

 

Nous devons étudier la Parole avec un cœur d’enfant, comme quelqu’un qui veut apprendre encore plus, et non comme quelqu’un qui croit en savoir suffisamment. Il est dit des Béréens qu’ils avaient des sentiments plus nobles, c’est-à-dire une ouverture de cœur plus honnête, plus intègre ou plus juste que les Thessaloniciens.

 

2. La théologie a certainement trouvé en eux un terrain favorable, car ils ont reçu la parole avec beaucoup d’empressement (Grec = zèle, bonne volonté et inclination).

 

Les Béréens auraient pu se cacher derrière leurs connaissances religieuses, ou leurs expériences spirituelles, comme c’est le cas pour certains chrétiens convertis depuis longtemps... La bonne attitude consiste à vouloir apprendre, même si cela bouscule ce que nous croyons connaître. C’est ce dont parle l’apôtre Pierre :

 

1 P 3.4 : La parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d’un ESPRIT DOUX ET PAISIBLE, qui est d’un grand prix devant Dieu.

 

Qu’en est-il de nous ? Dieu voit-il en nous des cœurs zélés pour sa parole et suffisamment doux pour la recevoir avec amour et humilité ?

 

3. La théologie résulte d’une recherche profonde de la vérité dans la Bible, car notre verset déclare : « ils EXAMINAIENT chaque jour les ECRITURES ».

 

Le verbe utilisé ici se réfère aux « efforts de recherches lors d’une enquête judiciaire », ce qui indique que les Béréens passaient au peigne fin tout ce que leur disait Paul, en scrutant les Ecritures pour vérifier que cela concordait.

 

Trop de croyants ont une approche superficielle de la Bible. Je crois que la principale raison de cette approche superficielle, est que l’on ne comprend pas l’inerrance de la Bible, c’est-à-dire la perfection de sa rédaction. C’est une vérité qui manque à l’Eglise.

 

4. La théologie a besoin de « porte-parole » que l’on pourrait appeler des « théologiens », mais sans que cela se limite à l’aspect académique du terme. Après la mort de l’apôtre Jean, on l’appelait le « Théologien » (= Theologos), mais tout le monde sait qu’il n’était pas un académicien...

 

Paul enseigna l’évangile, ce qui a eu pour effet que les Béréens reçurent la parole. C’est pourquoi, la théologie ou l’enseignement biblique, se déroule dans le cadre d’un partage entre un enseignant zélé pour l’étude de la parole et des personnes désireuses d’être enseignées.

 

Es 7.10 : Esdras avait appliqué son cœur à ETUDIER et à mettre en pratique la loi de l’Eternel, et à ENSEIGNER au milieu d’Israël les lois et les ordonnances.

 

C’est un signe d’humilité et de nobles sentiments que de recevoir l’enseignement de la manière que Dieu a voulu qu’il soit donné : par des enseignants établis par Dieu.

A ce sujet, un verset de la Bible mérite notre attention, ce qui sera en même temps, l’occasion d’examiner ce qui est écrit, c’est ce que nous verrons dans la seconde session.

Ga 6.6 : Que CELUI A QUI L’ON ENSEIGNE la parole fasse part de tous ses biens à CELUI QUI L’ENSEIGNE.

 

Ce verset est essentiel à la compréhension du processus de l’enseignement de la Parole de Dieu, mais il est le plus souvent mal interprété, surtout par ceux qui s’en servent dans un but financier (= les prédicateurs malhonnêtes et intéressés).

 

On pourrait penser, en effet, que Paul dit que celui qui reçoit l’enseignement biblique, paye en retour celui qui enseigne. Cela est d’autant plus dangereux de l’interpréter de cette façon, que le verset dit que celui qui reçoit l’enseignement « fasse part de TOUS ses biens ».

 

Si on ne comprend pas correctement ce verset, on peut lui faire dire ce qu’il ne dit pas, à savoir : donner tout son argent au prédicateur ou au pasteur ! Dieu ne peut pas dire une telle absurdité. Si c’était le cas, il serait le pire des « gourous » ...

 

Le sens devient clair lorsqu’on comprend la signification des expressions grecs utilisés ici : « fasse part » est la traduction de « koinôneo », de la même famille que koinônia, et signifie « partager de façon égale » ou « participer à quelque chose de mutuel ».

 

Ce verbe fait référence, non pas à quelqu’un qui donne à un autre ce qu’il n’a pas, mais à deux personnes qui profitent avec égalité des mêmes choses. Donc, il n’est pas question du chrétien qui doit donner son argent au pasteur qui n’en a peutêtre pas. Il s’agit plutôt d’un partage commun.

 

Mais qu’est-ce qu’ils ont en commun, pour qu’ils en profitent ensemble ? La deuxième expression nous informe à ce sujet : « tous ses biens ». Le mot « biens » est la traduction de « agathos », qui n’a rien à voir avec les biens matériels, dont le terme grec est « huparxis » comme dans :

 

Ac 2.45 : Ils vendaient leurs propriétés et leurs BIENS, (huparxis) et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.

 

Le mot « agathos » désigne « Ce qui est excellent moralement et spirituellement ». C’est le mot qui est utilisé dans Ro 10.15 : Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s’ils ne sont pas envoyés ? selon qu’il est écrit : Qu’ils sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la paix, de ceux qui annoncent de BONNES NOUVELLES (agathos) !

 

L’expression « bonnes nouvelles » ici est « agathos ». C’est ce qu’annoncent les prédicateurs. Donc si nous mettons en parallèle Ga 6.6 et Ro 10.15, nous découvrons que celui qui enseigne et celui à qui l’on enseigne, « partagent de façon égale » ou « participent mutuellement » (koinonênô) à « l’excellence morale et spirituelle » (agathos) de l’évangile.

 

Ga 6.6 pourrait donc être traduit de la façon suivante : « Que celui à qui l’on enseigne, participe de façon égale à l’excellence morale et spirituelle de ce qui est enseigné par le prédicateur de la Parole de Dieu ». 

 

Cela signifie que les prédicateurs ne doivent pas garder pour eux les richesses de la Parole de Dieu, mais qu’ils doivent les partager avec les chrétiens pour qu’ils y aient part de façon égale.

Mais les prédicateurs recherchent-ils ces richesses ?...

 

C’est pourquoi, Paul déclare dans Ac 20.27 : Car je vous ai annoncé TOUT LE CONSEIL DE DIEU, sans en rien cacher. Le devoir des prédicateurs de la Parole de Dieu, c’est de tout enseigner aux chrétiens, d’où la nécessité de l’enseignement théologique et de la prédication textuelle.

 

Notre verset dit que les Béréens « EXAMINAIENT chaque jour les ECRITURES, pour voir si ce qu’on leur disait était exact ». D’une part, ils écoutaient Paul enseigner la Parole, mais d’autre part, ils vérifiaient si ce qu’il leur disait était conforme à ce que Dieu avait mis par écrit dans les textes sacrés.

 

C’est pourquoi l’enseignement de la théologie doit se faire avec la Bible ouverte afin de vérifier l’exactitude de ce qui est enseigné. Ne vous arrêtez pas à la personne qui enseigne, ni au titre qu’elle porte, mais prenez comme autorité finale la Bible.

 

Trop de chrétiens aujourd’hui, croient avec naïveté que si quelqu’un porte le titre d’apôtre ou de prophète, de pasteur ou de prêtre, il enseigne certainement ce qui est vrai. S’ils lui font alors une confiance aveugle, ils peuvent se placer sous le jugement de Dieu.

 

Je 17.5 : Ainsi parle l’Eternel : maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui, et qui détourne son cœur de l’Eternel !

 

Le verbe « ils examinaient » (Ac 17.11), est la traduction du grec « anakrinio » qui signifie « faire des recherches, scruter, questionner afin de déterminer l’excellence ou la défectuosité d’une chose ». Le souci de tout chrétien devrait être que tout ce qu’on lui enseigne, soit conforme à ce qui est écrit dans la Bible.

 

La source de la théologie, c’est la Bible, et rien que la Bible. Cela implique que la théologie chrétienne doit être enracinée dans la Bible, et non dans la tradition, ou l’expérience. C’est, hélas, ce qui arrive de plus en plus ! C’est aussi ce qui explique le manque de profondeur et de solidité dans la foi chrétienne contemporaine.

 

Que nous le voulions ou non, que nous en soyons conscients ou pas, nous sommes le produit du milieu religieux dans lequel nous avons évolué, et cela influence notre façon de lire la Bible. Nous pouvons même être conditionnés par une tradition religieuse ou une expérience particulière.

 

Ceux qui ont été conditionnés par une église historique (ex. église catholique ou luthérienne), auront tendance à interpréter la Bible à la lumière de leur tradition qu’ils considèrent comme venant de Dieu.

 

Ceux qui ont été conditionnés par les églises charismatiques et pentecôtistes auront le réflexe d’interpréter la Bible en fonction des expériences en vogue dans leur milieu et, parfois, officialisées dans les articles de foi de leur église.

 

Par exemple, un chrétien évoluant dans un milieu charismatique lira le Ps 149.3 : Qu’ils louent son nom avec des danses, Qu’ils le célèbrent avec le tambourin et la harpe ! et l’interprètera comme une invitation à danser pour louer Dieu.

 

C’est ainsi que le milieu charismatique a développé une « théologie de la louange » (parfois même : une « théologie de la danse » !), sensée se trouver dans la Bible, mais qui est davantage le produit d’une expérience qui a réuni des partisans, lesquels ont validé cette expérience particulière comme un modèle à suivre.

 

Le souci avec ce genre d’approche, c’est que l’expérience devient la norme, et prend le dessus sur ce que dit la Bible, parce qu’au départ, on n’a pas respecté les règles élémentaires d’interprétation de la Bible, qui doivent prendre en compte : la langue, la culture, la géographie et l’histoire Comment étudier la Bible » – p.28-31 – Bible avec commentaires de John MacArthur 2006 – Société Biblique de Genève).

 

N’étant pas toujours précis dans leur interprétation de la Bible, certains lui ont fait dire ce qu’ils voulaient qu’elle dise (pour justifier leur expérience), mais sans prendre en compte ce qu’elle disait réellement.

 

Si voulons comprendre le sens de ce que nous lisons, nous devons utiliser « la méthode historico-grammaticale » qui consiste à interpréter un texte dans son contexte historique, en se limitant au message initial qui était envoyé aux destinataires de l’époque.

 

Si nous reprenons le Ps 149.3 : Qu’ils louent son nom avec des danses, Qu’ils le célèbrent avec le tambourin et la harpe ! Comment pouvons-nous le comprendre sans compromettre ce qu’il dit exactement ? Tout d’abord, en nous souvenant qu’il s’agit justement d’un psaume...

 

Nous ne pouvons pas lire un psaume comme nous lisons une épître. Une épître est un texte didactique (= qui enseigne directement et clairement), alors qu’un psaume est un texte poétique.

 

Dans une épitre, Dieu s’adresse à nous, car les mots qui y sont écrits, sont dirigés directement vers nous ; alors que dans un psaume, c’est un homme qui s’adresse à Dieu, en dirigeant vers lui des paroles de louange, de prière ou de plainte.

 

Sans entrer dans trop de détails techniques, nous dirons que les épîtres contiennent des ordres concernant notre façon de vivre, alors que les psaumes décrivent globalement les expériences de ceux qui les ont rédigés ou celles du peuple d’Israël dans certaines occasions.

 

Pour résumer, le Ps 149 fait partie des psaumes de louange, c’est-à-dire que ce sont des chants dont l’objectif est d’exhorter à la louange de deux façons : 1) En rappelant pour quelles raisons Dieu doit être loué.

2) En évoquant comment le peuple d’Israël célébrait les fêtes religieuses.

 

Ce psaume ne donne pas d’instructions sur la façon dont les chrétiens doivent louer Dieu, mais rappelle l’atmosphère festive des rassemblements culturels et religieux d’Israël.

 

Si je fais cette remarque, c’est uniquement pour souligner qu’il est possible, même avec de bonnes intentions, de faire dire à la Bible ce qu’elle ne dit pas. Je ne juge pas ceux qui incluent la danse dans leur louange, je dis juste que la Bible ne dit pas que Dieu nous demande de le louer avec des danses.

 

Nous avons à faire, dans le Ps 149, à un phénomène culturel épisodique, passager, et non à une expression spirituelle permanente. A ce propos, il est utile de noter que la danse n’est mentionnée qu’à trois reprises dans le Psaumes : en plus de celui cité, il y a aussi Ps 87.7 et Ps 150.4.

 

Un autre texte pourrait faire référence à la danse dans Ps 30.12 : Et tu as changé mes lamentations en allégresse, Tu as délié mon sac, et tu m’as ceint de joie.

En effet, le mot traduit par « allégresse » signifie aussi « danse ».

 

Les partisans de la danse dans la louange, citent souvent l’exemple de David dans 2 S 6.16 : Comme l’arche de l’Eternel entrait dans la cité de David, Mical, fille de Saül, regardait par la fenêtre, et, voyant le roi David sauter et danser devant l’Eternel, elle le méprisa dans son cœur.

 

Tout d’abord, le verbe rendu par « danser » signifie « tourner sur soi », ce qui semble indiquer, avec le verbe « sauter », que David n’accomplissait pas une gentille danse, mais manifestait une exubérance très énergique et inhabituelle. Il l’a fait pour cette occasion très spéciale du retour de l’arche dans sa cité.

 

Ensuite, lorsque David organise la louange dans le Tabernacle qu’il avait construit (1 Ch 16 et 1 Ch 25), il n’institua aucune danse, et mit l’emphase sur les chants et la musique.

 

Il n’y a rien dans l’exemple de David, qui laisse à penser qu’il ait voulu laisser un modèle de louange par la danse, autrement les livres historiques n’auraient pas manqué de la signaler, étant donné qu’ils l’ont fait pour la musique et les chants.

 

Ce qu’il faut savoir, c’est que les danses dans la Bible ne faisaient pas partie de l’adoration, que ce soit dans le Temple, dans les synagogues ou dans l’église primitive, mais appartenaient aux folklores et célébrations culturelles d’Israël. Elles n’étaient jamais utilisées comme moyen d’intimité avec Dieu, comme si Dieu exigeait qu’on l’adore et le loue en dansant.

 

On a fait d’une expression culturelle exclusive de l’ancienne alliance, et dans des circonstances provisoires, un modèle de louange pour l’église, peuple de la nouvelle alliance. Ce n’est pas le but du Ps 87, du Ps 149 ou du Ps 150 ! Ce qui est culturel n’est pas forcément spirituel.

 

Maintenant, permettez-moi de dire pourquoi je ne crois pas que la danse a sa place dans la louange de l’Eglise, en prenant pour appui le Nouveau Testament, texte normatif pour les chrétiens que nous sommes.

 

Si les danses faisaient partie de la louange de l’église, les épîtres ou les Actes des Apôtres en auraient parlé. Non seulement le Nouveau Testament est silencieux à ce sujet, mais il précise même comment nous devons louer Dieu :

 

Ep 5.19 : Entretenez-vous par des psaumes, par des hymnes, et par des cantiques spirituels, chantant et célébrant de tout votre cœur les louanges du Seigneur.

 

Col 3.16 : Que la parole de Christ habite parmi vous abondamment ; instruisez-vous et exhortez-vous les uns les autres en toute sagesse, par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels, chantant à Dieu dans vos cœurs sous l’inspiration de la grâce. 

 

Dans ces versets, c’est le chant et non la danse qui est l’expression normale de la louange. Et si danser faisait partie de la volonté de Dieu pour les chrétiens, pourquoi Jésus, et l’apôtre Paul, auraient-ils fait les déclarations suivantes ?

 

Jn 4.23 : Mais l’heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.

 

Ph 3.3 : Car les circoncis, c’est nous, qui rendons à Dieu notre culte par l’Esprit de Dieu, qui nous glorifions en Jésus-Christ, et qui ne mettons point notre confiance en la chair.

 

Notons que ce n’est pas notre corps l’acteur principal dans la louange, mais c’est notre esprit par le Saint-Esprit, qui doit offrir à Dieu le culte qui lui convient. Jésus n’aurait certainement pas manqué de rappeler à ses disciples l’importance de la danse dans la louange, si cela était une demande du Père.

 

Il est quand même incroyable que le Nouveau Testament donne de nombreux enseignements sur la prière et la foi dans la vie du disciple, mais jamais aucune instruction en ce qui concerne le fait de danser pour louer Dieu... Ce silence n’est-il pas significatif ?

Ce qu'il faut retenir de tout ceci, c'est que la théologie doit s'enraciner dans la révélation que nous donne la Bible. Dans les cours qui vont suivre, nous souhaitons vous amener dans la découverte des précieuses vérités dont l'Eglise est la gardienne.

Etudier les doctrines fondamentales de la foi chrétienne est un privilège ! C'est également un plaisir, car cela nous permet de mieux connaître Dieu est sa façon d'agir. Rien n'est plus important pour le croyant que de connaître le Seigneur et ses voies.

Suivez-nous dans cette riche aventure : découvrez les doctrines qui ont apporté force, consolation et encouragement à des générations de chrétiens au cours des siècles...

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